270                                                    REGISTRES DU BUREAU                                               [i5C3J
CCCCXVII. — Conclusion pour les portes. Remonstrances aux capitaines.
3 août 1563. (H 1785, fol. 4o r°.)
Du troisiesme Aoust vclxiii.
En Assemblée le jour d'huy faicte et tenue en l'Hostel de la ville de Paris de Messieurs les Pre­vost des Marchans et Eschevins de lad. Ville et Con­sel Hiers d'icelle pour adviser sur l'ordonnance du Rov et de la Royne touchant la garde des portes et guet de nuict de ceste Ville.
Monsieur Du Drac est d'advis de avoir l'advis de messieurs des cours du Chastellet el des capitaines.
Monsieur d'Athis dict qu'il n'y a poinct de lettres, et aultres Conseilllers de lad. Ville assistans, par l'advis desquelz :
A esté conclud que des à present on advertira les capitaines de la volunté du Roy et de la Royne, qui est d'aller garder les portes doresnavant avecq douze ou quinze hommes seullement, bourgeois et chefz d'hostel, sans enseigne ne tabourin, neantmoins faire bon guet et garde la nuict, comme il est acoustumé, et les advertir des dangers qu'il y a de desobeyr au Roy, et ce faict, escripre à la Royne l'advis du Con­seil de la Ville, et qu'il luy plaise mander par escript la volonté du Roy et la sienne, affin pour y estre . obey et pour la descharge du Bureau de lad. Ville, el selon ce qu'on verra par icelles, avoir l'advis de la Court de Parlement, si besoing est, pour à tout pour­veoir le plus doulcement qu'il sera possible*
Au jour d'huy, honnorables hommes Claude Hervy ct Jehan Le Jay, marchans bourgeois de Paris, ont esté receuz au serment accoustumé par Messieurs les Prevost des Marchans et Eschevins des estatz, assavoir, led. Hervy de l'un des capitaines, et led. Le Jay de lieutenant en ceste Ville en la Dixaine de Estienne Du Vessel, quartier de Mathurin de Beausse, Quartenier de lad. Ville, suivant l'eslection faicte par les habitans dud. quartier de leurs personnes. '
Led. jour, en l'une des salles de l'Hostel de lad. Ville, où estoient Messieurs les Prevost des Marchans el Eschevins d'icelle Ville, ce sont trouvez la plus grand et seine partie des capitaines d'icelle Ville, suivant les mandemens pour ce expédiez, ausquelz a esté remonstré par mond, sieur le Prevost des Mar­chans que cy devant leur ont esté faictes oud. Hostel de Ville, suivant les vouloir et intention des ma-
jestez du Roy et dela Royne par diverses fois réitéré par le sr de Sainct Pere, plusieurs admonitions et deffences de plus porter tabourins ny enseignes àla garde des portes de ceste Ville; à quoy toutesfois ilz ou aucuns d'eulx n'ont obey, mesprisant et contem-nant lesd, deffences, dont lesd, seigneur et dame ont receu grand mescontantement et indignation à l'encontre de lad. Ville et desd. srs Prevost et Esche­vins, leur mandant lad. dame par led. sr de Sainct Pere qu'ilz eussent à ce pourveoir, et qu'elle ne le manderait jamais, et faire réitérer lesd, deffences ausd, capitaines, ausquelles ilz eussent à obeyr sur peine de la vye, et luy envoier les noms des des-obeissans avecq leur responce, pour sur ce ordonner ce qu'il plairoit à la majesté du Roy. A ceste cause auroient lesd, s" Prevost et Eschevins requis et ad­monestez lesd, capitaines que, en monstrant par effect la bonne volunté et obeissance qu'ilz portent et veullent porter ausd, seigneur et dame, ilz eussent à eulx abstenir de plus porter lesd, enseignes et ta­bourins esd. portes, y faisant toutesfois la garde, ainsi que l'on a faict le temps passé que l'on ne por­toit enseigne ny tabourin, pour rendre lesd, sieur et dame, princes et grandz seigneurs contans, satis-faietz et obeiz, et obvier aux danger et inconve­niens qui en peuvent advenir, joinct Ie travail que les bourgeois ont à y aller si souvent.
Et par lesd, capitaines a esté dict qu'ilz sont, comme ilz ont esté el veullent estre et mourir, trés humbles et trés obéissans serviteurs et subjeetz du Roy et de la Roine, et ne se trouveroit en eulx au­cune desobeissance, comme aussi il n'y en avoit eue et n'auroit, requerant neanlmoings, que si lesd. s" Prevost et Eschevins avoient aulcunes lettres pa­tentes ou autres de ce que dessus, qu'ilz eussent à les communiquer et en bailler coppie ausd, capi­taines, pour y adviser et en rendre responce dedans brief temps avecq ceulx de leurs Dixaines, sans les­quelz qui sont, ou aulcuns d'eulx grans seigneurs ilz ne peuvenl riens faire.
Sur quoy leur a esté faicte responce par lesd. srs Prevost et Eschevins qu'il n'estoit besoing d'y ad­viser ny monstrer aulcunes lettres, puisque le Roy l'avoit mandé de bouche, et que lesd, capitaines et